À l’âge de quatorze ans, Madeleine de Verchères a défendu sa seigneurie familiale pendant huit jours contre les Iroquois avec deux soldats, un vieil homme de quatre-vingt ans et ses jeunes frères.
Marie-Madelaine Jarret de Verchères est née le 3 mars 1678 à Verchères près de Montréal. La famille lui a donné le soubriquet “Madelon”. La quatrième de douze enfants, elle était la fille de Marie Perrot et du fondateur de Verchères, le Sieur François-Xavier Jarret de Verchères. Il n’y avait pas d’école, mais Marie a enseigné à sa fille à lire et écrire. Le père de Madeleine a enseigné à tous ses enfants à tirer un mousquet. C’était une compétence qui prenait plusieurs mois à maîtriser. Cependant, Madeleine était habile, et elle aimait aller à la chasse avec sa famille.
Pendant les années 1680, les Français étaient en guerre avec les Iroquois à cause du commerce de fourrures. Madeleine avait déjà perdu son frère de seize ans et son beau-frère dans ces conflits. La seigneurie Verchères était située dans une des régions les plus dangéreuses de la Nouvelle France. On l’a surnommée “Le Château Dangéreux”. Quand Madeleine avait douze ans, les Iroquois ont attaqué le fort. Madame de Verchères était seule avec trois hommes et sa famille. À plusieurs reprises, elle repoussait les agresseurs par des coups de feu pendant deux jours.
En 1692, il n’y avait plus d’attaques, et ses parents ont quitté Verchères afin de collectionner des vivres pour l’hiver. Madeleine, avec ses frères, ses soeurs, deux soldats, un vieillard et les colons restaient dans le fort. Un matin, quelques colons travaillaient dans les champs et Madeleine était dans le carré de choux. Tout à coup, les Iroquois sont arrivés et ils ont capturé les colons. Un guerrier a chassé Madeleine aussi, mais elle était plus près du fort et l’homme n’a saisi que son fichu. Elle est entrée dans le fort tout en criant, “Aux armes! Aux armes!”
Elle a fait la sourde oreille aux femmes des colons dehors le fort, et elle a coiffé un chapeau d’homme. Madeleine a tiré un coup de mousquet et le vieux soldat a fait tirer un coup de canon afin de signaler les autres forts et de faire venir le renfort. Madeleine et les autres montaient la garde pendant toute la journée. Ils ont frappé les chaudrons les uns contre les autres pour faire beaucoup de bruit. Ce soir, le bétail est revenu. Soigneusement, Madeleine a laissé entrer les animaux quand elle était certaine qu’il n’y avait aucun guerrier iroquois dans le troupeau. Cette nuit, personne n’a dormi.
Après huit jours, les Iroquois étaient convaincus que le fort ètait bien gardé, et ils ont quitté la région. Puis le renfort de Montréal est arrivé. Vraiment fatiguée, Madeleine a dit au lieutenant, “Monsieur, à vous je rends mes armes.” Les soldats ont attrapé les Iroquois et ils ont libéré les colons captifs. À ce temps-là, ses parents étaient revenus, et la nouvelle de son exploit était connue partout dans la colonie.
Le 8 septembre 1706, Madeleine Jarret de Verchères a épousé Pierre Thomas Tarieu de la Naudière, Sieur de la Pérade. Madeleine avait l’occasion de sauver la vie de son mari à deux reprises contre l’attaque des Iroquois. Ils ont eu 5 enfants. Le 8 août 1747, Madelon est morte à l’âge de 69 ans. Près de 10 ans plus tard, son mari est mort à l’âge de 80 ans le 25 janvier 1757.
À cause de son acte héroïque, il y a une statue de Madeleine, la plus grande au Canada, réalisé par le sculpteur Louis-Phillipe Hébert, inauguré le 21 septembre 1913. Madelon se dresse avec son musquet sur la rive du Saint-Laurent à Verchères.